La familia grande – Camille Kouchner



J’aime beaucoup les thrillers alors c’est avec un réel plaisir que je me suis plongée dans ce roman. Ce fut une bonne lecture, agréable, néanmoins Michelle Frances ne révolutionne pas le genre pour autant.

C’est l’histoire d’une grande famille qui aime débattre, rire et danser, qui aime le soleil et l’été. C’est le récit incandescent d’une femme qui ose enfin raconter ce qui a longtemps fait taire la familia grande. Camille Kouchner, 45 ans, est maître de conférences en droit. La Familia grande est son premier livre.


Ce roman, je pense que vous êtes nombreux à en avoir entendu parler puisqu’il a eu un certain buzz médiatique à cause de son autrice et des faits qui sont dénoncés. Ce roman est pour moi assez similaire à celui de Vanessa Springora avec son roman « Le consentement », mon article est -ici-. On y trouve une certaine souffrance, un silence destructeur et des faits terribles. 


Camille Kouchner fait le portrait d’une famille, en apparence, car chaque membre est finalement un élément très seul dans ce grand puzzle. C’est aussi les portraits de deux femmes : celui de sa grand-mère et de sa mère Évelyne Pisier et de sa tante Marie-France Pisier. Des beautés, des femmes de caractères mais qui ont une sensibilité à fleur de peau, fatale. Une fragilité qui se transmet aux autres membres, qui permet une emprise de ce beau-père qui va faire tellement de mal à Camille Kouchner et surtout, à son jumeau. C’est une plongée terrible, un traumatisme que l’on suit jusqu’à l’âge adulte, cette difficulté à maintenir la tête hors de l’eau. 


C’est aussi une réflexion sur une génération, sur cette décomplexions sans limite ou presque d’une certaine génération, excuse à toutes les dérives. Cet entourage brillant, médiatisé qui apparait comme intouchable. Cela montre que l’inceste touche tous les milieux sociaux, y compris dans ces appartements aux jolies moulures. Les milieux dorés ou cet omerta existe, ces silences pesants et qui abandonne bien des victimes dans leurs coins. 


Bien évidemment, cela prouve aussi l’instinct de l’enfant qui sent en lui-même qu’une chose étrange s’est passée malgré la parole de l’adulte qu’il admire. Une faille qui va ne faire que grandir. 


C’est un récit sur l’amour aussi et quelques parts, les liens fraternels. Cet amour presque sacrificiel pour ce jumeau que Camille Kouchner tente de protéger, à n’importe quel prix surtout celui très cher du silence qui la ronge, année après année. Ce qui apparait comme le centre de cette famille, celle de la narratrice, sont les liens fraternels qui sont parfois distendus mais qui reste. On fait attention aux plus petits, on admire le plus grand. 


Après ce roman, on a un autre regard sur cette société bourgeoise bien-pensante, érudite. Cette génération qui fut brillante, éprise d’une liberté sans limite. Un roman qui permettra surement une remise en question de cette société, de libérer la parole et de faire avancer certains combats. 


Son interview sur la Grande librairie : 




Editions Seuil  (368 p.) - 5/5 

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