20/05/22

Yasunari Kawabata

 

Je suis une grande friande de littérature japonaise. Je suis ravie de vous parler de cette plume qu’est celle de Yasunari Kawabata dont vous pouvez retrouver une biographie ici.

J’ai lu plusieurs romans de cet auteur et il m’en reste encore beaucoup à découvrir (ma prochaine lecture sera d’ailleurs Pays de neige). Dans ce billet, je vais aborder trois romans de cet auteur : La Danseuse d’Izu, Tristesse et beauté et enfin Les belles endormies. Ils ne sont pas mentionnés ici par préférence et d’ailleurs, j’ai des avis différents pour chacun.



La Danseuse d’Izu - Livre de Poche - 1926

C’est un recueil de cinq textes différents. Comme c’est souvent le cas, je n’ai pas autant accroché à tout, mais ce fut une assez bonne lecture dans l’ensemble. J’ai beaucoup apprécié pour être précise “Elegie” que j’ai trouvé superbement mélancolique ainsi que “La lune dans l’eau” qui est là aussi avec une certaine mélancolie et une poésie touchante. Les trois autres, dont le texte “la danseuse d’Izu” ne m’ont pas charmé, j’ai même trouvé que ce texte en particulier était un peu long. Je n’ai pas franchement réussi à m’imprénier de ce dernier.

Concernant donc les deux que j’ai vraiment beaucoup aimés, j’ai retrouvé la plume de Kawabata avec ce côté pudique, une sorte de spleen japonais d’une certaine façon.

“Qu’elle est navrante cette coutume des vivants d’invoquer les morts ! Mais comme elle est navrante surtout, cette croyance que l’être survit en conservant, dans un mode à venir, la forme qui fut déjà sienne dans un monde antérieur!”

“Élégie” est plus long que celui de “La lune dans l’eau” et assez différent, même s’il y a cette question de la mort dans les deux textes. Celui de "La lune dans l’eau" est touchant avec ce couple et cet homme qui ne voit l’extérieur que depuis son lit. C’est tendre, brutal et profond.

“Elle ne protesta pas davantage. Même mort, son premier mari, si longtemps malade, lui semblait encore vivre en elle comme un enfant. Mais à quoi bon leur longue continence ! N’était-il pas condamné de toute façon ?”

Néanmoins, comme c’est un recueil de textes, je ne le conseille pas pour une première lecture de cet auteur. Pour éviter peut-être de ne jamais revenir à lui, je conseille pour le moment le second roman que je vous propose.

Tristesse et beauté - Livre de poche - 1965

C’est l’histoire d’un écrivain qui vieillit et qui veut renouer avec son premier amour. Leur romance est particulière puisqu’il est trentenaire au moment de leur rencontre et elle seulement 16 ans. Leur histoire est bouleversante, car on sent qu’il y a eu entre eux de véritables sentiments, malheureusement la cruauté de la vie va les rattraper chacun à leur façon.

Ce lien qui semble néanmoins si jamais s’être rompu entre eux est touchant. Mais ce n’est pas qu’une histoire de retrouvailles : si cet ancien amour est devenu peintre avec ne jamais s’être remise de cette rupture brutale, elle a aujourd’hui à ses côtés une élève de 17 ans quand elle est devenue vieille. C’est une histoire autour de la beauté, dont celle artistique. Mais aussi du temps qui passe, de la cruauté et des ravages de la vengeance de cet attachement violent à l’autre. C’est beau et cruel, “gênant” parfois, mais avec cette saveur de danger. Chez Kawabata, la beauté peut à la fois être source d’admiration, mais aussi malsaine. C’est toute la beauté pour moi de la littérature japonaise en général.

J’ai trouvé le personnage et le destin d’Otoko très touchant. Cette jeune fille qui tombe amoureuse de cet homme plus âgé, qui va de cesse espérer être liée à lui et qui finalement va se retirer du monde d’une certaine façon. La relation avec Oki est forcément touchante puisque ce lien entre eux, cette attirance semble durer dans le temps.

Un roman dont il y a beaucoup à dire, mais ne voulant pas trop en dévoiler sur les cruautés et les manipulations et autres secrets, je vous invite à le lire fortement. En plus de cela, le roman est très court et se lit très facilement.


Les belles endormies - Livre de poche - 1961


C’est le premier roman que j’ai lu de cet auteur. Là encore, il est très court et encore plus simple à mon sens à découvrir que les deux précédents. J’ai beaucoup aimé cette lecture avec toujours en toile de fond cette beauté féminine que l’auteur cherche nous fait découvrir avec ce côté pudique, violent et sensuel.

C’est un roman ou se rencontrent la jeunesse, la vieillesse et la mort. Certes, il y a quelques répétitions à mon goût et une fin qui peut être critiquée, cependant tout le reste du roman semble ressembler à un rêve. En tout cas, c’est la sensation qu’il m’a fait ressentir. On y retrouve les souvenirs de ce vieil homme, sa façon de se convaincre qu’il n'est pas comme les autres de son âge.

C’est parfois un peu malaisant, mais c’est aussi ce qui fait la beauté de ce roman. Cet homme qui se retrouve aux côtés de ces beautés silencieuses, bien plus jeunes et plus belles que lui. Ce contraste d’image est saisissant et rien que pour cela, je vous le conseille vivement.

Je sais que ce roman peut avoir des critiques négatives, certains pouvant y trouver un manque de matières, mais je trouve que c’est ce qui fait la beauté de ce roman justement !



N’hésitez pas à partager en commentaire avec moi vos avis autour de cet auteur !

Lectrice passionné et blogueuse littéraire depuis 2017.

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