La confusion des sentiments - Stefan Zweig

par - 27.7.20





Il y a peu de temps, je vous parlais de mon coup de coeur pour Stefan Zweig. Aujourd’hui, je reviens avec ce second roman, lu à la suite du premier, présenté précédemment.

Au soir de sa vie, un vieux professeur se souvient de l'aventure qui, plus que les honneurs et la réussite de sa carrière, a marqué sa vie. A dix-neuf ans, il a été fascine par la personnalité d'un de ses professeurs ; l'admiration et la recherche inconsciente d'un Père font alors naître en lui un sentiment mêlé d'idolâtrie, de soumission et d'un amour presque morbide. Freud a salué la finesse et la vérité avec laquelle l'auteur d'Amok et du Joueur d'Echecs restituait le trouble d'une passion et le malaise qu'elle engendre chez celui qui en est l'objet. Paru en 1927, ce récit bref et profond connut un succès fulgurant, en raison de la nouveauté audacieuse du sujet. Il demeure assurément l'un des chefs-d'œuvres du grand écrivain autrichien.



C’est une nouvelle très intéressante dans laquelle l’admiration montre ses limites, ou l’intimité partagée peut devenir confuse.


Deux intimités vont se créerais la première et la principale est celle de ce professeur tempétueux et passionné qui va dompter son étudiant par son charisme. Une relation de mentor s’installe devenant parfois anxiogène car il y a une soumission totale et passionnelle. Le savoir, la fascination pour cet homme qui est tantôt l’ami, tantôt le père spirituel est le centre de ce duo, qui peut paraitre une relation à sens unique. Et pourtant…. Ils iront tous les deux jusqu’à la création d’un projet pour ce professeur. L’aboutissement de ce duo profond.


« Celui qui n’est pas passionné devient out au plus pédagogue; c’est toujours par l’intérieur qu’il faut aller aux choses, toujours, toujours, en parlant de la passion. »


La seconde relation est celle de l’étudiant et de l’épouse de ce professeur apparaissant toute aussi fascinante. A croire que cette femme représente la part féminine de ce professeur aux yeux de cet étudiant ? Elle est plus âgée que ce dernier et vont concrétiser cette attirance. 


Stefan Zweig a une plume riche, forte en références à la fois sur le plan religieux que littéraires. Il cite Shakespeare, Wagner; fait de nombreux parallèles avec Faust de Goethe. Une jolie confusion de sentiments ou l’admiration n’est qu’à un pas de la passion dévorante ! 


Editions Livre de Poche ( 159 p.) - 5/5 - Cultura - Amazon

D'autres articles

0 commentaires

Merci pour votre commentaire 🌿