A spell on you - Isabelle Stibbe


 Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ce roman, abordant le thème notamment de la maternité, mais cette fois-ci sans qu’elle ne soit idéalisée, loin de là. C’est un roman fort, terrible et que je vous conseille !


Vivienne Kassoka est une brillante Sénégalaise qui vit à Paris où elle prépare une thèse sur Machiavel. Elle vient d’avoir une petite fille avec Emmanuel, un homme beaucoup plus âgé qu’elle, qui connaît bien l’Afrique. Si Vivienne se sent au confluent de deux cultures, elle semble parfaitement intégrée et paraît mener une vie paisible. Pourquoi alors affirmer à Emmanuel qu’elle envoie leur bébé de quinze mois au Sénégal dans sa famille, puis acheter deux billets de train pour le Nord-Pas-de-Calais, réserver un hôtel face à la mer et commettre l’irréparable sur une plage de Berck ? À son procès, Vivienne martèlera que cette tragédie est le fait d’un envoûtement, que des femmes jalouses de son village lui ont jeté un sort. Mais en France, contrairement à ce que l’on croit fermement dans son pays d’origine, ces histoires ne sont que des superstitions… Peut-on y accorder le moindre crédit dans un tribunal ? Dans ce roman percutant, Isabelle Stibbe approche d’une façon insolite un fait divers qui a marqué les esprits. Par la fiction, elle tente de cerner la complexité d’un acte aussi incompréhensible que celui d’une mère qui tue son enfant.

Editions Cherche midi -160 p.


C’est un roman fort et qui ne laisse pas indifférent jusqu’à sa fin, et même une fois le roman terminé. L’autrice arrive à créer une fiction autour d’un drame, terrible, celui d’une mère qui va tuer sa petite fille.

Isabelle Stibbe a une plume très fluide, très rythmée et accessible. Avec une certaine facilité, elle arrive à nous embarquer dans cette histoire qui, rapidement, va devenir terrible. Une atmosphère lourde va rapidement s’installer mettant le lecteur mal à l’aise et en même temps, attire notre curiosité jusqu’à la fin du roman. Elle aborde l’infanticide avec une certaine froideur, mais en même temps une émotion pour les divers personnages de ce roman, dont la petite Aurore.

Les personnages sont complexes : Vivienne qui est à la fois brillante mais aussi pétrie de cette culture sénégalaise qui va faire basculer sa raison et la pousser à commettre le pire pour une mère : tuer son propre enfant. L’autrice, via cette mère, va donc tenter d’expliquer cet acte qui dépasse l’entendement. Qui ne peut être qu’émouvant. Qui prouve toute la complicité pour juger un tel acte. Ce roman est d’autant plus intéressant qu’il ait été écrit par une femme, ce qui apporte, je pense, un regard encore plus profond.

Cette jeune sénégalaise a donc eu sa petite fille avec Emmanuel, qui est bien plus âgé qu’elle, artiste qui idéalise toute cette culture africaine et ses habitants. À la fois détaché, plus expérimenté que Vivienne, il ne verra pas ce qu’il va se passer. C’est encore plus effrayant et finalement, pose des questions autour de ce personnage et sur le fait qu’après la naissance, un couple peut s’éloigner et oublier que l’on reste deux individus et qu’une jeune mère reste fragile et a d’autant plus besoin d’un partenaire.

J’ai trouvé l’intrigue prenante, le récit touchant et effrayant, mais finalement l’autrice ne peut pas mieux réussir cet exercice de retranscrire cet acte terrible !

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