La fortune des Rougon - Emile Zola



Ma lecture fut influencée par le projet de (re) lire les Rougon-Macquart, organisé par Nabolita et Antastesia. Un projet auquel j'ai failli ne pas participer, car j'avais un très mauvais souvenir de la plume de Zola, lors d'e l'étude de ce dernier au lycée.


Mais j'ai appliqué les conseils que je peux vous donner, et j'ai laissé une nouvelle chance à Emile Zola, et mes premières lectures (à cette heure ou j'écris cet article, je viens de terminer Le ventre de Paris) furent de superbes lectures ! Je vous retrouve donc avec ce premier tome de cette série.

Issus de la paysannerie enrichie, les Rougon portent en eux l'avidité du pouvoir et de l'argent. Une des branches de la famille, les Macquart, sera marquée par l'hérédité de l'alcoolisme, du vice et de la folie. Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 entraîne les Rougon dans la conquête de Plassans, la capitale provençale du roman. La haine de l'empereur pousse Silvère, petit-fils de la matriarche, et Miette, sa femme, dans l'insurrection républicaine. De ces passions et de ces fureurs naîtront cent personnages, et celui, aux mille visages anonymes, de la foule et de la collectivité qui préfigure le XXe siècle.

Editions Folio - 546p. - 6.30

Ce fut une très bonne lecture, qui permet une plongée dans la grande œuvre de Zola, d'une façon plutôt "douce". On peut également sentir les prémisses de certaines œuvres à venir comme l'Assommoir ou encore Germinal.

On ressent bien les éléments appartenants au naturalisme dans les descriptions physiques, les enfants qui sont renvoyés à leurs parents, dû à la question de l'hérédité.

Zola semble très en avance sur les questions de la société en abordant des choses très surprenantes et qu'on pourrait parfois retranscrire d'une certaine façon à notre période. Les personnages sont assez charismatiques, contrastés mais on peut la encore, les identifier pour certaines personnes qui nous entourent. J'ai apprécié faire la connaissance de ces derniers, et celui qui m'a le moins charmé fut Aristide. Sa personnalité m'a déplut et est en totale opposition au personnage de Silvère pour lequel j'ai eu un vrai coup de coeur (ainsi que Miette).

"Quand les amoureux s'embrassent sur les joues, c'est qu'ils tâtonnent et cherchent les lèvres."

Les thèmes que sont : la famille, l'argent et l'ascension sociale, l'amour (au sens large) et la politique sont très présents et brillants. Zola nous présente un réel reportage, même si cet aspect est assez léger contrairement aux prochains tomes. L'auteur arrive à créer ici une sorte de saga familiale, mais plus poussée, tout en donnant de l'espace à chacun pour qu'on puisse les cerner.

"La nature donne souvent naissance, au milieu d'une race, à un être dont elle puise tous les éléments dans une force créatrice."

La plume d'Emile Zola est finalement très riche, mais d'une fluidité aussi très étonnante. Il se risque à un exercice très périlleux, de ne pas "plomber" la lecture de son œuvre qui est déjà assez longue (encore plus si on pense à tous les autres tomes qui suivent), tout en gardant tous les éléments qu'il souhaite transmettre pour que son observation soit la plus précise aussi. J'ai vraiment eu un autre regard sur son œuvre, la maturité et l'état d'esprit aidant. Ma curiosité est parfaitement assouvie avec les descriptions nombreuses. Ces dernières donnent d'ailleurs presque envie de se plonger dans des tableaux de l'époque décrite par Zola pour donner encore plus de vie à ses écrits.

"Elle était trop morte déjà pour avoir les effusions bavardes des grands-mères bonnes et grasses."


Je ne peux que vous encourager à lire Emile Zola. J'ai vraiment compris son succès, et aperçus déjà dans ce premier tome, le génie de ce travail colossal !

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