Janvier 2015 : Le Procès - Yannick Haenel et François Boucq



« Raconter, c’est empêcher que la mort n’ait le dernier mot. »


Le procès des attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, une policière municipale de Montrouge et le magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris, s'est ouvert le 2 septembre et aura duré près de deux mois et demi. Historique par son ampleur, ce procès, qui juge des présumés complices d'attentats islamistes, aura rouvert la question de l'islamisme et de son imprégnation dans la société française. Pour rendre compte de ce procès unique, l'écrivain Yannick Haenel et le dessinateur François Boucq ont été les oreilles et les yeux de Charlie Hebdo.


 C’est un ouvrage évidement émouvant mais aussi intense. On suit le procès jour après jour (à la base il s’agissait de newsletters envoyées tous les jours). Les dessins apportent aussi une dimension supplémentaire et pour moi il s’agit d’un ouvrage important dans ce combat contre le terrorisme.

 Le livre est très complet : du portrait des accusés et des faits à la parole de ces nombreuses victimes collatérales que l’on oublie malheureusement trop souvent ainsi que celles des survivants et des familles des disparues. La plume de Yannick Hanel est à la fois émouvante, on sent l’écrivain qui est en lui mais invite aussi terriblement à la réflexion. Plusieurs fois lors de ma lecture, de nombreux éléments m’ont interpellé comme la découverte des victimes de l’ombre dont les médias parlent finalement très peu, ces accusés qui arrivent à rire des dessins de Charlie Hebdo alors que ces pour ces mêmes dessins que certains sont morts.

« Le crime ne relève pas seulement de ce qu’on a fait, mais aussi de ce qu’on sait. »

On assiste aussi à la découverte d’un réseau qui va plus loin que les frères Kouachi. Un réseau de trafic d’armes, de voitures, des conséquences de la pauvreté et de la politique du gouvernement durant de (trop) nombreuses années dans les banlieues, de l’arrogance de certains. Il y a aussi la mise en lumière de ce terrorisme, de ce camouflage parfois qui empêche les forces de l’ordre qui prennent aussi la parole durant ce procès de pouvoir empêcher de bien tristes et terribles évènements. C’est à la fois un procès mais aussi la mise en lumière d’une toile bien plus étendue, un spectre à prendre en compte dans sa globalité et ce procès est un rappel de cela.

Les dessins apportent aussi quelque chose à cette lecture. A la fois une certaine légèreté mais aussi une réelle plongée entre ces murs ou l’on peut imaginer une forte tension et beaucoup d’émotions. Ces dessins sont une sorte de photographie de cela et je trouve que cela permet de garder une sorte « de pudeur ».

C’est une lecture rapide à lire car les dessins et la plume de l’auteur permettent une plongée dans ce procès médiatique. C’est aussi une lecture agréable et facile, évidement quelques pauses sont nécessaires car des choses lourdes parfois sont démontrées mais je trouve cette lecture pédagogique d’une certaine façon. Un ouvrage nécessaire en ces temps actuels qui permettent de ne pas oublier mais aussi de prendre conscience de différentes choses.


Editions les Echappées (216 p.) - 5/5 - Cultura - Decitre - Amazon

2 commentaires:

  1. Je m'abonne en découvrant ce billet. Je mets le lien d'ici sous ma chronique

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    1. Merci pour ta visite ici et pour ce partage !

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