Le Chevalier de Maison-Rouge

by - juillet 14, 2017




 SYNOPSIS  

 « Le Chevalier de Maison-Rouge » (1845) se consacre aux derniers mois de Marie-Antoinette. Dans l'ombre, un homme plein de passion tente de sauver celle qui fut la reine, en s'appuyant sur le dévouement d'une femme pure, Geneviève Dixmer ; un amour impossible se tisse entre cette femme et Maurice Lindey, l'un des républicains héroïques qui ont pour charge de garder la prisonnière.
Dumas revient au sujet de son premier récit historique, « Blanche de Beaulieu » , et il ouvre le grand cycle de ses romans révolutionnaires. À travers la figure émouvante de Lorin, le républicain nostalgique d'une douceur de vivre perdue, qui égrène des vers roses et bleus tandis que des têtes tombent, il fonde l'ensemble de son œuvre sur une interrogation nouvelle, qui fut aussi celle de Vigny, de Hugo et de Balzac : quelle littérature est-elle possible après la Terreur ?
Sur l'abîme creusé par la Révolution, il s'agit en effet, pour Dumas romancier de toute l'Histoire de France, de jeter un pont vers ce temps disparu, la fin de la monarchie, ou des monarques. La Marie-Antoinette qu'il recrée dans ce roman, il la considère ainsi : « Reine, c'est une grande coupable ; femme, c'est une âme digne et grande. » Une grande et double figure, sur fond d'intrigues amoureuses et de réforme totalitaire. Personne n'a su, mieux que Dumas, peindre la passion dans l'Histoire.




 MON AVIS  

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de classique, et je n’ai pas été déçue avec celui-ci ! Malgré le fait que Le Chevalier de Maison-Rouge de Dumas soit fictif, il n’en reste pas moins qu’il fait honneur au genre du roman historique car il s’inspire de beaucoup d’événements des années 1792-1793 que nous pouvons observer au fil des pages ( justifiés par certains documents à la fin du roman !) et qui donnent lieu à de nombreuses notes (qui peuvent être très détaillées), ce qui peut perdre le lecteur dans un premier temps car cela commence dès le chapitre I et le lecteur ne rentre, à cause de cela, dans l’histoire qu’en fin de celui-ci ; mais, au fur et à mesure de ma lecture, je m’y suis habituée, et cela n’était plus aussi dérangeant car on rentre vraiment dans l’histoire, on ne nous relate pas purement et simplement des faits historiques tel un cours d’histoire.

Ce qui fait pour moi toute la beauté de ce roman ce sont trois éléments : Le premier étant l’écriture sublime d’Alexandre Dumas (c’est le tout premier roman que je lis de lui !), il nous transporte dans son univers à la fois réel et fictif et le roman devient tout simplement prenant avec plein de surprises fictives, j’avais du mal à le lâcher ! Le deuxième étant l’atmosphère pesante, lourde et inquiétante du fait de la période choisie qu’est 1793 régentée par la Terreur et la mort de la reine Marie-Antoinette. Le troisième élément étant les personnages, du fait de cette période houleuse dans laquelle Dumas a mis en place ceux-ci, il y a pour effet que le lecteur éprouve un sentiment d’inquiétude vis-à-vis d’eux, que ce soit pour le couple Maurice Lindey et Geneviève Dixmer, deux jeunes gens pour qui cet amour est impossible et sera puni s’il est découvert car l’un est républicain et haut-gradé et la deuxième est aristocrate et de surcroit mariée ! Ou que ce soit pour les autres personnages qui sont tout autant important et que nous suivons également que sont le chevalier de Maison-Rouge, Dixmer, Lorin. L’auteur nous offre là une palette de personnages incroyables, animés de passions dévorantes, pour lesquels on s’attache, on s’émeut ; pour moi, ce sont des personnages lumineux dans une France sombre. On suit également Marie-Antoinette comme si elle était en partie un personnage de Dumas, ce qui fait venir au lecteur toutes sortes d’émotions : on accompagne la reine de la prison du Temple, à la Conciergerie puis jusqu’à l’échafaud. Or, le lecteur est d’une certaine manière complice de l’auteur car il sait très bien que Marie-Antoinette ne s’en sortira pas malgré les espoirs qu’elle garde –ainsi que le chevalier de Maison-Rouge- jusqu’à la fin, et par ces élans d’espoir, justement, le lecteur éprouve de la compassion, de la pitié, et peut avoir également une autre vision de celle-ci que résume parfaitement Maurice Lindey en une seule phrase sublime à mon goût : « Reine, c’est une grande coupable ; femme, c’est une âme digne et grande ».

Il est dit, dans ce roman, qu’à l’époque où se déroule l’histoire, on usait beaucoup de références antiques, et je peux ajouter qu’au moment où j’ai refermé ce livre merveilleux, Dumas fait exactement pareil : il nous livre une tragédie antique sous le format d’un roman historique

Une œuvre magnifique qui ne laisse pas celui qui tourne les pages indifférent.


Armony



 Roman Historique // Alexandre Dumas // 608 p. // 8.20€ // Folio // Fnac

Pour plus de lecture

0 commentaires

Merci pour votre commentaire :)

A bientôt !