La recluse de Wildfell Hall - Anne Brontë

Couverture du livre
  • ✒️ Par Anne Brontë
  • ✨ Ma note : ⭐️⭐️⭐️⭐️/5
  • 🪻 Titre en VO :The Tenant of Wildfell Hall
  • 📚 Éditeur : Libretto
  • 🫖 Nombre de pages : 554 pages
  • 🌸 Genre : Classique

🫖 Résumé

L'arrivée de Mrs Helen Graham, la nouvelle locataire du manoir de Wildfell, bouleverse la vie de Gilbert Markham, jeune cultivateur.

Qui est cette mystérieuse artiste, qui se dit veuve et vit seule avec son jeune fils ? Quel lourd secret cache-t-elle ? Sa venue alimente les rumeurs des villageois et ne laisse pas Gilbert insensible. Cependant, la famille de ce dernier désapprouve leur union et lui-même commence à douter de Mrs Graham... Quel drame s'obstine-t-elle à lui cacher ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?

Publié en 1848, La Dame du manoir de Wildfell analyse la place des femmes dans la société victorienne. Considéré comme l'un des tout premiers romans féministes, il entretient de nombreux liens avec Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë et s'inspire de la descente aux enfers, de l'alcoolisme et de la débauche de leur frère Branwell, mort entre leurs bras.

✏️ Mon avis

Ce fut une très belle lecture, loin d’une simple romance comme on pourrait le penser avec la littérature anglaise. À l’intérieur de ces pages, c’est une critique de la société anglaise de l’époque (le roman date de 1848) et des pressions de la société sur les femmes qui sont toujours soumises à la critique.

C’est un roman que j’ai trouvé très riche et qui dénonce les pressions sur les femmes tout au long de ces pages d’une façon très bien tournée, tout en restant un roman. Anne Brontë use de sa plume, que je n’ai, je pense, aucunement besoin de présenter, avec intelligence, pour montrer aux Anglais à quel point cette société est faite pour les hommes, où la femme n’a pas de place ou seulement dans l’assistance pour la gent masculine. Du plaisir qui semble naturel à effectuer des tâches domestiques, de sa soumission aux hommes que l’on attend d’elle-même au sein de sa propre fratrie : autant d’exemples concrets au sein de la vie quotidienne.

Pour pouvoir mettre en lumière justement toute cette soumission féminine, Anne Brontë nous propose ce personnage qu’est Madame Graham, cette femme indépendante, qui ne souhaite pas se soumettre aux attentes de la société qu’il ne faudrait pas remettre en question : des événements à l’éducation qu’elle donne à son propre fils, elle apparaît comme une femme libre, qui fait ses choix. D’ailleurs, on découvrira son parcours, et que cette personnalité fut forgée et non pas innée, ce qui aurait tout fait retomber à mon sens.

Il y a aussi des éléments de la société qu’elle met en avant et que j’ai trouvés modernes dans sa façon très directe d’aborder les choses, toujours à travers ces personnages qui sont autant de représentations de personnages de la société. J’ai trouvé que la dénonciation de l’alcoolisme était fortement intéressante, et trouve encore son écho de nos jours, avec sa place encore trop importante lors d’événements sociaux et ses débordements, ses conséquences. Il y a aussi la critique de l’éducation des garçons, celle que la société souhaite, à savoir endurcir les petits garçons. Puis il y a celle de Madame Graham, qui propose autre chose de bien plus “moderne” et dont on parle encore aujourd’hui…

J’ai aussi aimé que la critique continue au cœur du couple et de ce syndrome de l’infirmière, de la sauveuse que ressentent les femmes envers leurs époux, les obligeant à les réparer, à faire naturellement avec leurs caractères difficiles sans trop demander à ces derniers, sans remettre leur personnalité en question. C’est très intéressant toute cette démonstration de la part d’Anne Brontë.

“Bien sûr, plus il est mauvais, plus ton désir est grand de le réformer”.

J’ai trouvé intéressant ce fantasme autour de ce sauvetage qui continue encore aujourd’hui de prospérer. Elle nous montre bien toute la relation toxique avec cette dynamique à travers le couple d’Arthur et d’Helen. De la dévotion de cette dernière, aux non-dits, aux absences, à l’absence totale de communication, on tient ici tout ce que l’on nomme aujourd’hui des “red flags”.

C’est un roman donc très actuel par les thèmes abordés, critiqués et qui restent ceux qui sont encore discutés aujourd’hui. J’ai vraiment particulièrement aimé cette dimension du roman plus que l’histoire elle-même. Évidemment, Anne Brontë nous propose une histoire intéressante, des personnages bien construits, mais ce n’est pas ce que je retiens de ces pages qui méritent d’être bien plus connues à mon goût !

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