Interview avec Célia Samba



Il y a peu de temps, je vous présentais le roman La rue qui nous sépare, publié chez Hachette pour lequel j’ai eu un vrai coup de cœur. Engagé et avec une romance entre deux âmes solitaires, j’ai voulu en savoir plus que la jeune autrice qui se cache derrière.


Célia Samba a accepté ma demande d’interview et je vais suivre son parcours d’autrice avec attention. ma chronique sur son premier roman est a retrouver -ici-.  C’est parti pour mes questions !


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Bonjour, pourrais-tu te présenter aux lectrice et lecteurs du blog ?


Je m’appelle Célia, j’ai 23 ans. Je suis étudiante en 5è année de médecine, et j’écris à mes (nombreuses) heures perdues. Mon premier roman vient d’être publié aux éditions Hachette Romans, il s’agit de La rue qui nous sépare.


Quel est ton lien avec l’écriture ? As-tu eu toujours cette envie devenir autrice ?


J’ai toujours aimé inventer des histoires et écrire, en général. Enfant, je rêvais de voir, un jour, un de mes romans dans ma libraire de quartier. Je suis ravie que ce rêve se soit réalisé ! 


Par contre, je n’ai jamais envisagé de devenir « écrivain », au sens professionnel du terme. J’ai d’ailleurs du mal à me considérer comme « autrice », pour moi c’est un terme réservé aux grands auteurs, célèbres et talentueux ; pas aux filles simples et normales comme moi (rires). Et je ne songe d’ailleurs pas du tout à vivre de ma plume. Déjà parce qu’il est très difficile de gagner sa vie décemment par l’écriture ; ensuite parce que je ne me vois pas du tout arrêter la médecine.



As-tu un conseil à donner aux jeunes auteurs ?


Croire en eux et en leur rêve… et écrire ! 

Je pense que pour réussir à publier un roman, il faut avant tout le terminer et le peaufiner, ce qui demande une sacrée dose de travail, de remise en question et de persévérance. 

Il ne s’agit pas d’être talentueux, mais de travailler encore et encore (un premier jet est rarement parfait !), d’accepter les critiques lorsqu’elles sont constructives et d’apprendre à se remettre en question. Mais il faut aussi savoir reconnaître les qualités de son texte et de son écriture !



Comment as-tu l’idée de ce roman La rue qui nous sépare ?


J’ai eu l’idée du roman en 2013, un soir où j’ai donné une crêpe à un monsieur sans-abri. Ensuite, les personnages me sont venus assez naturellement et l’histoire aussi.



Quelles sont tes inspirations ? Combien de temps t’as demandé l’écriture de ce roman ?  


J’avais lu quelques années avant No et Moi de Delphine de Vignan, qui traite du même sujet. Sinon, je me suis inspirée de mes propres rencontres et questionnements au sujet des personnes qui vivent dehors.


Au total, l’écriture et la réécriture se sont étalées de novembre 2013 à novembre 2020… avec une longue pause entre 2014 et 2018. Je pense que, mis bout à bout, j’ai travaillé environ 2 ans à raison de deux heures par jour, sur ce texte.


La rue qui nous sépare est un roman engagé, qui nous montre la difficulté de la vie en tant que SDF, qu’incarne le personnage prénommé Tristan. C’est une cause importante pour toi ? 


Oui ! Je trouve ça révoltant que dans un pays riche comme la France, il y ait encore des gens qui vivent dehors et qui meurent de froid tous les hivers ! D’une manière générale, les inégalités et les injustices me mettent (très !) en colère.



J’ai trouvé que la romance entre ces deux âmes solitaires était très belle et douce. Ils s’apprivoisent doucement l’un et l’autre. D’ailleurs, par rapport à cela, j’ai trouvé que proposer deux fins était une bonne chose, rendant la romance encore plus réelle. Le réalisme était important pour toi ? 


La fin réaliste s’est imposée d’elle-même pendant l’écriture, alors que je prévoyais un happy ending. J’étais bien embêtée : comment allais-je choisir entre les deux ? Je me voyais mal renoncer au réalisme et à la logique, que j’avais clairement privilégiés jusque-là. D’un autre côté, mon côté fleur bleue était très mécontent que j’abandonne ma fin romantique. J’ai donc gardé les deux !


"Journée infructueuse, à peine 11 euros récoltés. Faire la manche s'apparentait à un véritable métier pour certains, il le constatait régulièrement. Peaufiner un discours, travailler son apparence, choisir ses lieux d'exercice avec attention, cela demandait de l'énergie, des qualités d'orateur, une forme de talent; certains y excellaient, lui pas."


Noémia a vécu un évènement assez traumatisant. Un sujet très actuel et sensible aussi.  C’était important pour toi de mettre aussi en lumière ce sujet auprès du public visé par ton ouvrage ?


Ce thème n’était pas prévu au départ. J’ai ajouté cet élément pendant une phase de réécriture, au moment où j’approfondissais mes personnages et leur passé. Je ne souhaitais pas particulièrement mettre ce thème en lumière, autrement j’en aurais fait le sujet central du roman (ou d’un autre roman), mais c’est un sujet important dont il faut parler. Donc si La rue qui nous sépare permet aussi de l’évoquer, c’est une très bonne chose !


Pourrais-tu me confier un détail, un petit secret sur l’un des personnages que nous ne connaissons pas ? 

 

Oula ! Question compliquée et intéressante ! J’ai du mal à trouver…

Bon, pour ceux qui ont choisi la fin heureuse : j’avais imaginé une suite dans laquelle Tristan finirait par renouer avec sa petite sœur. Et sinon, on me demande souvent si Valentin finit avec Laura : la réponse est dans l’épilogue de la première fin 12



Pour terminer cette interview, je souhaite faire ton portrait de lectrice. Quelle lectrice es-tu ?


Une toute petite lectrice ! Adolescente, j’adorais lire, aujourd’hui, je ne lis presque plus. Non pas que je n’aime plus cela, mais la lecture a tendance à réveiller mon syndrome de l’imposteur (je me dis que ce que j’écris est nul et que je devrais arrêter). Donc je me cantonne à la lecture/correction sur des plateformes d’écriture.


Quel(s) titre(s) de roman nous conseilles-tu ?


No et moi, qui traite du même sujet que mon roman, sous un angle assez différent !

Et deux ‘non-romans’ :

Deux petits pas sur le sable mouillé, si vous aimez pleurer en lisant des histoires vraies.

Le Miracle morning, qui a changé ma vie.


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Merci pour tes réponses !

Vous pouvez retrouver Célia Samba ici : Facebook / Instagram / Son roman



Pour aller plus loin

Découvrez les livres conseillés par Célia Samba :

  • No et Moi de Delphine de Vignan
  • Deux petits pas sur le sable mouillé de Anne-Dauphine Julliand
  • Le Miracle morning de Hal Elrod

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